RUPTURE CONVENTIONNELLE : QUELS NOUVEAUX MONTANTS ET RISQUES DE REMBOURSEMENT ?

Vous êtes ici : Accueil > Actualités > RUPTURE CONVENTIONNELLE : QUELS NOUVEAUX MONTANTS ET RISQUES DE REMBOURSEMENT ?
Le 07 août 2026
RUPTURE CONVENTIONNELLE : QUELS NOUVEAUX MONTANTS ET RISQUES DE REMBOURSEMENT ?
Nouveaux planchers, plafond réduit, délais et remboursement en cas de retour : le régime 2026 de la rupture conventionnelle des agents publics.

Décrets n° 2026-745 et n° 2026-746 du 6 août 2026 ; arrêté du 6 août 2026 fixant les modèles de convention de rupture conventionnelle

 

Quels montants faut-il recalculer depuis le 8 août 2026 ?

Le décret n° 2026-745 du 6 août 2026 actualise et pérennise la procédure de rupture conventionnelle applicable dans la fonction publique.

Le décret n° 2026-746 modifie les montants minimal et maximal de l’indemnité spécifique de rupture conventionnelle.

Depuis le 8 août 2026, le montant minimal ne peut être inférieur à :

  • un sixième de mois de rémunération brute par année d’ancienneté jusqu’à dix ans ;
  • un cinquième de mois par année à partir de dix ans et jusqu’à quinze ans ;
  • un quart de mois par année à partir de quinze ans et jusqu’à vingt ans ;
  • un tiers de mois par année à partir de vingt ans et jusqu’à vingt-quatre ans.

Le plafond est également réduit. Il correspond désormais à un vingt-quatrième de la rémunération brute annuelle perçue au cours de l’année civile précédant la rupture, multiplié par le nombre d’années d’ancienneté, dans la limite de vingt-quatre ans.

Pour vingt-quatre années d’ancienneté, le plafond correspond donc à une année de rémunération brute de référence.

Cette évolution impose de recalculer toutes les simulations préparées sous l’ancien régime.

Le montant effectivement négocié doit rester compris entre le plancher et le plafond applicables. Le respect de cette fourchette ne signifie pas que l’agent a automatiquement droit au montant maximal.

Avant l’entretien, il convient de réunir :

  • les bulletins de rémunération de l’année civile précédente ;
  • un état exact de l’ancienneté prise en compte ;
  • les périodes susceptibles d’être exclues ;
  • les primes et éléments entrant dans la rémunération de référence ;
  • une simulation détaillée du plancher et du plafond ;
  • les conséquences fiscales, sociales et indemnitaires de la rupture.

La convention doit utiliser le modèle réglementaire actualisé par l’arrêté du 6 août 2026.

Une erreur dans la rémunération de référence, l’ancienneté ou la formule applicable peut rendre le montant irrégulier et fragiliser la convention.

 

Comment sécuriser la procédure et anticiper un remboursement ?

La rupture conventionnelle repose sur un accord librement négocié. L’administration n’est pas tenue d’accepter la demande de l’agent et l’agent ne peut être contraint de signer.

La demande doit être adressée par un moyen permettant d’en établir la réception, notamment par lettre recommandée avec demande d’avis de réception ou remise contre signature.

Le premier entretien doit être organisé :

  • au moins dix jours francs après la réception de la demande ;
  • et au plus tard un mois après cette réception.

L’agent peut se faire assister par un conseiller désigné par l’organisation syndicale de son choix. L’administration doit l’en informer avant l’entretien.

La convention ne peut être signée qu’au moins quinze jours francs après le dernier entretien.

Chaque partie dispose ensuite d’un délai de rétractation de quinze jours francs. Ce délai commence à courir un jour franc après la date de signature de la convention.

La cessation définitive des fonctions ne peut intervenir, au plus tôt, que le lendemain de l’expiration du délai de rétractation.

Une fiche chronologique doit donc retracer :

  • la date de réception de la demande ;
  • la date du ou des entretiens ;
  • l’identité de l’éventuel accompagnant ;
  • la simulation de l’indemnité ;
  • la date de signature ;
  • le premier et le dernier jour du délai de rétractation ;
  • la date de cessation des fonctions ;
  • les modalités de paiement de l’indemnité.

Un second risque doit être anticipé : le remboursement de l’indemnité en cas de retour dans la fonction publique.

En application de l’article L. 552-4 du code général de la fonction publique, l’agent recruté à nouveau dans le même versant de la fonction publique au cours des six années suivant la rupture doit rembourser l’indemnité à son ancien employeur.

Le remboursement doit intervenir au plus tard dans les deux ans suivant le nouveau recrutement.

Avant le recrutement, le candidat doit fournir à l’employeur public une attestation sur l’honneur relative à une éventuelle rupture conventionnelle intervenue au cours des six années précédentes.

L’agent doit donc évaluer ses perspectives professionnelles avant de signer. Un projet de retour rapide dans le même versant peut transformer l’indemnité perçue en dette importante.

L’employeur doit, quant à lui, conserver la convention, le justificatif du paiement et les éléments nécessaires à une éventuelle demande de remboursement.

Articles et ressource similaires :

Dans le cadre du contentieux en matière de rupture conventionnelle des agents publics, le Cabinet Lapuelle est disponible pour vous accompagner.
Vous pouvez également trouver sur le lien suivant, de nombreux modèles de courriers, notes juridiques et guides en matière de droit public général, qui sont à votre disposition sur le site Lapuelle Juridique.
Pour toute autre question, vous pouvez contacter votre cabinet juridique ou prendre rendez-vous.